Scott Pilgrim est un survivant. Né dans les pages des comics de Bryan Lee O’Malley, immortalisé au cinéma par Edgar Wright, puis adapté en jeu culte par Ubisoft, le personnage semblait s’être endormi après une courte série Netflix. C’était sans compter sur le studio Tribute Games (déjà derrière l’excellent TMNT : Shredder’s Revenge), qui récupère la licence pour nous offrir Scott Pilgrim EX. Ce n’est pas un remake, mais une toute nouvelle aventure qui propulse Scott et sa bande à travers le temps et l’espace pour sauver Sex Bob-Omb d’un mystérieux enlèvement. Préparez vos manettes, le concert va commencer.
Visuellement, Tribute Games reste fidèle à l’esthétique « pixel-art » qui a fait le succès de l’épisode original, mais avec une finesse et une fluidité accrues. La direction artistique est un hommage vibrant aux comics : c’est coloré, dynamique et truffé de références visuelles au Canada (on adore les pièces de monnaie canadiennes qui sautent des ennemis !). Les environnements traversés lors de ce périple spatio-temporel sont variés et fourmillent de détails. C’est propre, c’est net, et même si le moteur ne révolutionne pas le genre, il capture parfaitement l’énergie nerveuse de l’œuvre originale. On sent une réelle maîtrise de la 2D qui flatte la rétine sans jamais sacrifier la lisibilité, même quand l’écran devient chaotique, surtout en mode multijoueur.


Côté gameplay, Tribute Games recycle son savoir-faire. Le système est accessible : on frappe, on saute, on lance des objets et on utilise des aides. La grande force réside dans l’interaction avec l’environnement : pratiquement tout peut servir d’arme improvisée. On apprécie également la dimension légère de RPG avec les magasins permettant d’acheter de la nourriture ou de l’équipement pour booster ses statistiques. Toutefois, soyons honnêtes : le jeu est pensé pour la coopération jusqu’à quatre joueurs. En solo, l’expérience perd de sa saveur et peut s’avérer frustrante face à des boss coriaces. C’est dans le chaos du multijoueur (local ou en ligne avec cross-play) que Scott Pilgrim EX révèle son plein potentiel et ses moments les plus drôles.

C’est sans doute le point qui fera grincer quelques dents. Avec une moyenne de cinq heures pour voir le générique de fin, Scott Pilgrim EX se consomme comme un snack rapide. Bien que le jeu pousse à la rejouabilité pour tester les différents personnages (Ramona, Lucas Lee, Matthew Patel, etc.) ou pour jouer avec des amis, on fait vite le tour du propriétaire. Le système de quêtes non-linéaires demande de trouver des objets pour progresser, ce qui évite un sentiment de ligne droite trop simpliste, mais ne compense pas totalement la brièveté de l’aventure. On aurait également aimé un roster de personnages jouables plus étoffé pour varier davantage les plaisirs sur le long terme.


Impossible de parler de Scott Pilgrim sans évoquer la musique. Pour cet opus, le groupe Anamanaguchi fait un retour fracassant. Leur style chiptune/rock est indissociable de l’identité de la licence et ils livrent ici une partition sans faute. Chaque piste colle à l’adrénaline des combats et renforce le sentiment de nostalgie tout en proposant des compositions originales. C’est simple : la bande-son est un personnage à part entière du jeu. Elle porte l’aventure, dynamise les boss et justifie à elle seule l’achat pour les fans de la première heure.

4
3.8
4.2
2
✅Ambiance sonore électrique
✅Graphiquement respectueux de l’œuvre originale
✅Le multijoueur est jubilatoire
✅Un positionnement tarifaire honnête par rapport au contenu
❌5 heures, c’est vite passé
❌On aurait aimé plus de héros jouables
❌La difficulté peut parfois être inégale en solo
72
Scott Pilgrim EX est une lettre d’amour sincère à l’univers d’O’Malley. Tribute Games confirme son statut de maître du beat’em up moderne en offrant une aventure nerveuse, magnifiquement mise en sons et en images. Si la durée de vie un peu chiche et le faible nombre de personnages peuvent laisser un goût de « trop peu », le prix attractif et le plaisir immédiat en coopération font pencher la balance du bon côté. Scott est toujours vivant, et le spectacle est, comme promis, grandiose.
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