Attendu au tournant pour le lancement de la nouvelle génération de consoles Nintendo, le célèbre gorille à la cravate rouge délaisse ses plateformes habituelles pour une épopée souterraine intitulée Donkey Kong Bananza. Développé par l’équipe de génie derrière Super Mario Odyssey, ce titre propose une aventure singulière où l’exploration verticale remplace les parcours linéaires. Accompagné de Pauline, Donkey Kong doit s’enfoncer dans les entrailles de la planète pour contrer le mystérieux Void Kong. Premier véritable étalon technique de la Switch 2, le jeu promet de la diversité, mais a-t-il vraiment la carrure d’un « système-seller » ?
Visuellement, Bananza est une claque de lisibilité. La direction artistique mise sur une saturation de couleurs et des biomes (lagons, collines, etc.) aux identités marquées. Chaque « strate » explorée est un régal pour les yeux. Cependant, on sent que la technique dicte certains choix créatifs : pour maintenir la fluidité, les développeurs ont privilégié des zones denses mais peu étendues. Si cela renforce le sentiment de compacité, cela bride parfois le sentiment de grandeur. Côté performance, si le 60 fps est impérial sur le dock, la 4K fait parfois tousser la console en fin d’aventure. On apprécie néanmoins l’absence de bugs et la rapidité des chargements, signe d’une finition « à la Nintendo ». On aime moins la caméra qui semble souvent perdue lors des phases de destruction…


Manette en main, le plaisir est immédiat. Donkey Kong est plus agile que jamais, et la boucle de gameplay — explorer, tout casser pour récolter des ressources, et avancer — est d’une fluidité exemplaire. L’ajout des transformations « BANANZA » (zèbre, autruche, éléphant, etc.) apporte un vent de fraîcheur indispensable, chaque animal offrant des capacités spécifiques pour résoudre des puzzles ou franchir des obstacles. On regrette toutefois que les mécaniques liées aux différents types de roches (glace, feu, explosif) soient un peu sous-exploitées, restant souvent au stade de l’interaction basique. Le jeu est plus accessible que les épisodes Country, ce qui plaira aux familles, mais pourra laisser les puristes du challenge sur leur faim, malgré des mini-jeux plus corsés en fin de parcours.

Pour traverser l’histoire principale, comptez une dizaine d’heures en ligne droite. Mais ce serait passer à côté de l’essence même du jeu. Entre les cristaux de banandium à dénicher, les fossiles rares et les points de talent pour personnaliser DK, les collectionneurs pourront facilement tripler ce temps. Pour les acharnés du 100%, la barre des 50 heures est largement atteignable. C’est un contenu généreux, même si la répétitivité de certaines collectes et le recyclage des boss viennent parfois ternir l’enthousiasme sur la longueur.


C’est le point paradoxal de cet opus. Alors que Pauline, chanteuse de métier, est au centre du récit, les thèmes musicaux manquent cruellement d’impact et s’oublient sitôt la console éteinte. À l’inverse, le travail sur les bruitages est magistral. Chaque coup de poing, chaque bris de roche ou découverte de trésor flatte l’oreille avec une précision chirurgicale. On finit par se laisser guider par les sons plutôt que par la musique, ce qui est une réussite en termes de retour sensoriel, mais une déception pour les amateurs de mélodies épiques.

4.6
4.8
4.1
4.4
✅Le duo DK / Pauline très attachant
✅Loop de gameplay fluide et gratifiant
✅Transformations animales variées et bien intégrées
✅Contenu très généreux pour les complétistes
❌Boss recyclés et trop simples
❌Manque de moments mythiques
❌Caméra parfois capricieuse dans la destruction
94
Donkey Kong Bananza réussit son pari de divertir et d’installer une nouvelle formule pour la licence. Si l’on peut déplorer un certain manque de moments « spectaculaires » et une bande-son un peu générique, l’efficacité de son gameplay et la richesse de son univers en font un incontournable pour les possesseurs de Switch 2. C’est une aventure solide, colorée et terriblement addictive qui, à défaut de révolutionner le genre, le peaufine avec un savoir-faire évident.
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