Annoncé comme le messie pour les fans de la petite balle jaune (mais surtout par les fans du célèbre plombier de Nintendo), Mario Tennis Fever débarque sur Switch 2 avec une promesse forte : renouer avec l’ambition des épisodes RPG de l’ère Game Boy Advance tout en exploitant la puissance du nouveau hardware. Si le titre impressionne dès les premières foulées sur le court par sa plastique irréprochable, il soulève rapidement une question : le contenu est-il à la hauteur de son plumage ?
Soyons directs : le passage à la Switch 2 fait un bien fou à la licence. Visuellement, le jeu est une petite pépite. C’est coloré, chatoyant, et d’une fluidité exemplaire. On sent que Camelot a soigné sa copie, offrant des effets de lumière et de particules lors des « frappes frénétiques » qui décrochent la mâchoire. Les quelques cinématiques qui ponctuent l’aventure sont d’une qualité digne d’un film d’animation. Techniquement, le titre est impeccable : aucun ralentissement à déplorer, même lorsque le chaos s’installe sur le court avec des effets de foudre ou d’encre partout.


Le gameplay repose sur la nouvelle mécanique des raquettes frénétiques. Avec 30 modèles aux pouvoirs variés (brouillage d’écran, foudre, etc.) à combiner avec un casting record de 38 personnages, la dimension stratégique est réelle. Chaque échange devient un puzzle : comment placer son pouvoir pour déborder l’adversaire ? Cependant, Nintendo semble avoir poussé le curseur de l’accessibilité un peu trop loin. Contrairement à Mario Tennis Aces, les mécaniques défensives (ralentissement du temps, frappes techniques de récupération) ont disparu. Ici, on subit la capacité adverse sans réelle option de contre-attaque technique. C’est spectaculaire et fun pour le grand public, mais les joueurs en quête de technicité pure pourraient rester sur leur faim face à ce parti pris très « arcade offensive ».

C’est la petite déception du titre. On nous laissait espérer un retour au format RPG (exploration, statistiques, montée en niveau), mais la réalité est plus modeste. Mario, Luigi, Peach, Wario et Waluigi sont transformés en bébés et doivent intégrer une académie pour retrouver leur force. Si l’ambiance est reposante et les mini-jeux d’entraînement sympathiques (mais sans grande difficulté, sauf éventuellement au plus haut niveau de ceux-ci), l’ensemble se boucle en à peine 3 heures. L’exploration est quasi inexistante, limitée à l’enceinte de l’école, et sert davantage de tutoriel géant que de véritable aventure épique. Heureusement, la « Tour des Épreuves » et ses défis corsés viennent sauver les meubles pour le contenu solo post-générique.


Aux platines, on retrouve le légendaire Motoi Sakuraba. Le compositeur de Golden Sun et Dark Souls livre une partition de haute volée. Sa « patte » est immédiatement reconnaissable, notamment dans les thèmes de la jungle ou des grottes. C’est épique, rythmé et cela donne une pêche d’enfer aux matchs. On pourrait presque dire que la musique est « trop » bonne par rapport à la brièveté du mode aventure qu’elle accompagne. C’est un pur régal auditif qui renforce l’identité Camelot du titre.

4.8
3.2
4.5
2.3
✅Une véritable vitrine pour la Switch 2
✅Le fun est instantané entre amis ou en famille
✅38 personnages et 30 raquettes, un record
✅Motoi Sakuraba au sommet de son art
❌Mode Aventure trop court (3 heures pour voir le bout du mode aventure, c’est trop peu)
❌Un décor joli mais très scripté et vide
❌Manque de profondeur défensive
❌L’IA oppose peu de challenge en dehors du niveau maximal
68
Mario Tennis Fever est un excellent jeu de « soirée ». En multijoueur, le plaisir est immédiat, porté par une réalisation technique qui fait honneur à la Switch 2 et un chaos jouissif né des pouvoirs des raquettes. C’est beau, c’est fun, et c’est accessible. Mais pour le joueur solitaire qui espérait une épopée RPG profonde, le titre sonne un peu creux. Il manque cette profondeur défensive et cette durée de vie en solo qui auraient transformé ce beau feu d’artifice en un classique intemporel.
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