Planet of Lana II : Une suite qui cultive son jardin d'émotions

Trois ans après un premier voyage qui avait ébloui par sa candeur, Lana et son fidèle compagnon Mui reviennent sur la planète Novo. Dans ce second opus, le studio Wishfully nous plonge deux ans après les événements originaux. Si le monde semble s’être apaisé, l’intégration des nouvelles technologies au sein des tribus crée des tensions inédites. C’est dans ce contexte de « progrès » forcé que Lana doit partir en quête d’un remède pour un proche, une mission qui va rapidement dépasser le simple cadre familial pour révéler les secrets enfouis de Novo.

Un tableau de maître en mouvement

Dire que Planet of Lana II est beau serait un euphémisme. On est ici face à une véritable claque artistique « faite main ». Le studio a conservé sa patte visuelle unique, mais a considérablement enrichi la variété des décors. Du village de départ aux profondeurs abyssales, en passant par des cimes enneigées ou des jungles luxuriantes, chaque écran est une composition picturale. La finesse des animations, notamment les interactions entre Lana et Mui, renforce l’attachement que l’on porte à ce duo. C’est fluide, organique et d’une propreté exemplaire. Une ode visuelle à la découverte qui ne faiblit jamais.

Des mécaniques plus mûres que son prédécesseur

Le premier reproche fait au premier volet était sa trop grande simplicité. Wishfully a entendu les critiques. Lana est désormais plus agile : elle peut sprinter, glisser et explorer les fonds marins. Mais c’est surtout la coopération avec Mui qui gagne en profondeur. Notre petite créature peut désormais prendre le contrôle d’autres animaux pour nous aider, manipuler le feu ou faire pousser la végétation. Les énigmes sont plus élaborées, jouant avec les éléments comme l’électricité ou le vent. On sent une réelle volonté d’élever le niveau, même si l’on regrette que cette montée en puissance s’essouffle dans le dernier tiers du jeu, où le gameplay redevient un peu trop conventionnel.

Le langage du cœur tout au long du jeu

Fidèle à sa philosophie, le jeu ne propose aucun dialogue traduit. Les personnages s’expriment dans un dialecte imaginaire, laissant au joueur le soin d’interpréter les émotions par les gestes et les intonations. C’est un pari risqué mais totalement réussi : l’histoire est touchante, simple et universelle. Cette narration est magnifiée par une bande-son d’une douceur absolue. La musique souligne chaque moment de bravoure ou de mélancolie avec une justesse rare, faisant de l’expérience sensorielle une réussite totale.

Le plaisir du format court (trop court ?)

C’est sans doute le point qui fera débat. Children of the Leaf se boucle en environ six heures. Si le rythme est globalement bien meilleur que dans le premier opus, on reste sur notre faim. L’univers s’est tellement enrichi et l’histoire est devenue si captivante que l’on aurait aimé rester quelques heures de plus sur Novo. On traverse l’aventure avec un plaisir immense, mais le générique de fin arrive un peu brusquement, nous laissant avec l’envie d’en voir encore davantage, surtout vu la qualité des phases d’action trop peu nombreuses.

Graphismes

4.3

Jouabilité

4

Bande son

3

Durée de vie

4.3

On a aimé :

✅Un véritable tableau vivant
✅Mui a des capacités vraiment gratifiantes
✅Une émotion qui passe sans les mots
✅Plus de complexité que dans le premier volet

On n'a pas aimé :

❌Un rythme qui retombe sur la fin
❌On aurait aimé deux ou trois heures de plus
❌Les séquences dynamiques sont excellentes mais trop rares

82

Graphismes

Jouabilité

Bande son

Durée de vie

Conclusion

Planet of Lana II : Children of the Leaf est une suite exemplaire qui bonifie presque tous les aspects de son prédécesseur. Plus beau, plus complexe et plus émouvant, il confirme le talent de Wishfully pour créer des mondes enchanteurs. Malgré un dernier chapitre un peu plus plat et une durée de vie qui reste modeste, le voyage est d’une telle beauté qu’il serait dommage de passer à côté. Une aventure à vivre comme on contemple un beau paysage : avec émerveillement et un pincement au cœur au moment de partir.

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