Monster Hunter Stories 3 : L'envol définitif du Rider

Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur les « petits » spin-offs colorés. Dix ans après ses premiers pas timides, la saga Stories brise enfin sa coquille pour s’imposer comme un pilier incontournable de l’écosystème Capcom. Avec Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection, l’éditeur japonais ne se contente plus de proposer une alternative mignonne à la chasse traditionnelle ; il livre un RPG au tour par tour d’une densité rare, capable de faire passer la concurrence pour de simples jeux d’enfants.

Note : Le jeu nous a été fourni par Capcom afin de réaliser ce test.

Une claque artistique qui fait rougir la concurrence

Dès les premières minutes dans la région d’Azuria, le constat est sans appel : la direction artistique est somptueuse. Le titre adopte un style cel-shading vibrant qui sublime les monstres emblématiques de la licence. Sur PS5, la fluidité est exemplaire et les couleurs chatoyantes donnent au monde une vie que l’on ne retrouve que trop rarement dans le genre. Cependant, tout n’est pas parfait au royaume des Monsties. Si Azuria est un modèle de verticalité et de design, d’autres biomes comme Tarkuan ou la Forêt de Canalta paraissent plus inégaux, oscillant entre le sublime et le tortueux un peu générique. On ressent un léger déséquilibre dans le soin apporté aux différentes zones de jeu.

Une profondeur tactique qui demande de l’investissement

Le système de combat au tour par tour, basé sur un triangle d’armes et d’attaques (Puissance, Vitesse, Technique), revient plus affûté que jamais. Ne vous y trompez pas : sous ses airs enfantins, le gameplay est d’une exigence redoutable. L’apprentissage peut s’avérer déroutant au début, mais une fois les mécaniques de contres et de double-attaques maîtrisées, le plaisir est total. Capcom a eu le nez creux en intégrant des fonctions de « coup de grâce » pour balayer instantanément les monstres plus faibles, évitant ainsi la répétitivité du farm intensif. L’optimisation est le maître-mot : ici, on ne gagne pas en « grindant » bêtement, mais en étudiant les patterns des monstres pour s’équiper en conséquence.

La gestion des Monsties : Le cœur battant de l’aventure

Le véritable génie de ce troisième volet réside dans la personnalisation des Monsties. La transmission génétique et les mutations environnementales offrent une couche de méta-progression organique absolument grisante. Créer une hybridation improbable (un Rathalos de glace, par exemple) demande du temps et de la réflexion, mais l’investissement est rendu au centuple lors des combats de boss. Les menus et l’interface sont parfois un peu lourds, et les allers-retours sont fréquents pour dénicher l’œuf parfait, mais cette quête de l’optimisation devient vite addictive pour qui aime peaufiner ses statistiques.

Un voyage épique au rythme parfois haché

C’est peut-être là que le bât blesse légèrement. Si l’intrigue de Twisted Reflection propose des thématiques intéressantes et quelques scènes mémorables, elle souffre d’un « ventre mou » narratif en milieu d’aventure. Certains ressorts scénaristiques sont cousus de fil blanc et les quêtes secondaires manquent cruellement d’originalité, se contentant souvent de copier-coller des objectifs d’une région à l’autre (retrouver des ingrédients, explorer une grotte). Heureusement, la bande-son épique et les bruitages directement issus de la série principale assurent une immersion sonore de haute volée qui compense les faiblesses d’un scénario parfois trop dilué.

Graphismes

4.4

Jouabilité

4.7

Bande son

4

Durée de vie

4.7

On a aimé :

✅Une direction artistique tout simplement sublime
✅Le système de combat profond et tactique
✅La personnalisation des Monsties assez addictive
✅Plusieurs dizaines d’heures pour en venir à bout

On n'a pas aimé :

❌Des passages prévisibles et un rythme qui s’essouffle vers la fin
❌Quêtes secondaires répétitives
❌On passe finalement beaucoup de temps dans les menus

86

Graphismes

Jouabilité

Bande son

Durée de vie

Conclusion

Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection est l’épisode de la maturité. Plus complexe, plus beau et plus profond que ses prédécesseurs, il s’impose comme une alternative sérieuse et plus exigeante aux ténors du genre. S’il traîne encore quelques casseroles, notamment un level design inégal et une narration qui manque parfois de souffle, sa boucle de gameplay centrée sur l’optimisation des créatures est un modèle de satisfaction. Un voyage dense et généreux qui prouve que la licence Stories n’a plus rien d’un simple spin-off.

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