Resident Evil Requiem : Le grand écart sanglant de Capcom

Après des mois de teasing intense, Capcom livre enfin Resident Evil Requiem. On aurait pu craindre que l’éditeur nous ait déjà tout montré, mais la surprise est totale. Ce nouvel épisode ne se contente pas de suivre les traces de ses prédécesseurs ; il tente une fusion audacieuse entre l’horreur pure des derniers volets et l’action débridée qui a fait le succès de la période intermédiaire. À noter que ce test a été réalisé à partir d’une version fournie directement par Capcom.

Entre enquête fédérale et histoire bon marché assumée

L’histoire nous place dans les bottes de Grace Ashcroft, une analyste du FBI envoyée dans un hôtel délabré où sa propre mère a été assassinée des années plus tôt. Très vite, l’enquête vire au cauchemar biologique et Grace se retrouve épaulée par une légende de la licence : Leon S. Kennedy. Si l’intrigue multiplie les clins d’œil aux événements de Raccoon City, elle n’hésite pas à plonger tête la première dans les travers d’une histoire finalement « bon marché ». Les dialogues sont parfois tirés par les cheveux et les situations rocambolesques, mais c’est ce qui fait le sel de Resident Evil. On accepte volontiers cette absence de vraisemblance pour le plaisir d’une aventure palpitante et riche en rebondissements.

Deux salles, deux ambiances au niveau du gameplay

La grande force de Requiem est de proposer deux gameplays distincts qui s’alternent avec brio. D’un côté, les séquences avec Grace rappellent RE7 et Village : la vulnérabilité est de mise, l’inventaire est rachitique et la fuite est souvent la meilleure option. De l’autre, les phases avec Leon transforment le jeu en un hommage vibrant à RE4. Leon est une véritable machine de guerre capable de parer, de frapper au corps à corps et de manipuler un arsenal lourd. Cette dualité évite toute lassitude, passant d’une tension étouffante à une action jubilatoire en un clin d’œil. Capcom pousse même le vice jusqu’à laisser le choix de la perspective (1ère ou 3ème personne) pour chaque héros, offrant une flexibilité rare.

Une boucherie de toute beauté du début à la fin

Visuellement, le titre est une claque monumentale. Le RE Engine prouve une fois de plus sa suprématie avec des textures d’une finesse incroyable et des jeux de lumière organiques. C’est sans doute l’épisode le plus gore de la franchise : les démembrements sont d’une précision chirurgicale et les effets de sang dégoulinant sur les décors sont saisissants. Sur la version PC que nous avons pu tester (avec une RTX 4070 Ti), aucun problème d’affichage ou de fluidité n’est à signaler, ce qui rend l’horreur d’autant plus viscérale. On est face à une œuvre d’art macabre où chaque cadavre fourmille de détails répugnants.

Le silence est d’or (et de sang)

Côté sonore, Capcom joue la carte de la subtilité. La musique se fait discrète, ne surgissant que pour souligner l’action ou accentuer un moment de stress. C’est le sound design qui fait tout le travail : chaque craquement, chaque gémissement lointain est spatialisé avec soin, plongeant le joueur dans une immersion totale, particulièrement avec un équipement sonore de facture ou bien avec un casque haut de gamme. Mention spéciale à la version française, d’excellente facture, qui prouve que Capcom respecte son public francophone.

Un musée de l’horreur

Le jeu abandonne la structure en « hub » pour un cheminement plus linéaire, mais très bien rythmé. L’aventure se boucle en 12 à 15 heures suivant votre niveau, une durée idéale qui évite de trop tirer sur la corde. Cependant, le titre n’échappe pas à certains vieux démons : les objectifs de type « trouver trois objets pour ouvrir une porte » sont toujours là pour rallonger artificiellement certains passages. De plus, le fan service est omniprésent. Si les habitués hurleront de joie face aux références cachées (ou non), certains pourront trouver le procédé un peu forcé, transformant parfois l’expérience en une visite de musée « best-of » de la saga.

Graphismes

4.8

Jouabilité

4.4

Bande son

4

Durée de vie

3.8

On a aimé :

✅La dualité du gameplay
✅Des graphismes époustouflants et un gore réaliste
✅On ne s’ennuie jamais durant la petite quinzaine d’heures de jeu
✅Options de vue : le choix entre 1ère et 3ème personne très appréciable

On n'a pas aimé :

❌Scénario parfois trop tiré par les cheveux
❌Fan service très poussé
❌Des objectifs de collecte un peu répétitifs pour débloquer certains accès

91

Graphismes

Jouabilité

Bande son

Durée de vie

Conclusion

Resident Evil Requiem est une célébration sanglante qui réussit son pari : réunir les amateurs d’infiltration angoissante et les mordus d’action hollywoodienne. Malgré un scénario qui demande une bonne dose d’indulgence et une structure parfois un peu datée, la générosité de Capcom emporte tout sur son passage. C’est beau, c’est brut, et c’est surtout un immense plaisir de jeu pour quiconque accepte de se laisser dévorer par cette « anthologie » interactive.

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