Alors que les fans attendent de pied ferme le douzième épisode canonique, Square Enix continue de capitaliser sur son riche catalogue. Après avoir sublimé la trilogie d’Elric en HD-2D, l’éditeur crée la surprise en sautant les épisodes IV, V et VI pour s’attaquer directement au monolithe de la PlayStation 1 : Dragon Quest VII. Réputé pour sa longueur titanesque et son rythme singulier, cet opus ne revient pas sous une forme classique, mais bien comme une « réinvention » totale menée par Yuji Horii. À deux mois de sa sortie, cette démo nous permet d’entrevoir si ce pari de la modernité est payant pour l’un des RPG les plus denses de l’histoire.
Après le succès de la HD-2D, Square Enix change radicalement de cap visuel. Le jeu adopte une esthétique unique, mélangeant des décors aux allures de dioramas et des personnages modélisés d’après de véritables poupées. Si les premiers visuels de personnages comme Killyan (Kiefer) avaient pu diviser, le résultat manette en main s’avère bien plus convaincant, offrant un cachet artisanal et une profondeur de champ inédite. Cependant, ce choix artistique s’accompagne d’un revers : le jeu paraît parfois moins éclatant et plus terne que les précédents remakes en HD-2D. On notera toutefois un effort louable sur la mise en scène, désormais enrichie par des doublages (plutôt moyens dans l’ensemble) et des cinématiques poignantes.


C’est sur le plan du gameplay que ce remake semble marquer les points les plus précieux. Les combats, autrefois austères, gagnent en dynamisme : on voit enfin nos héros agir à l’écran, rompant avec la rigidité des vues à la première personne des remakes précédents. La grande nouveauté réside dans le système de double vocation, permettant de fusionner deux classes simultanément pour créer des builds personnalisés d’une richesse tactique folle.
Square Enix a également compris l’importance de l’accessibilité pour un titre aussi long. L’abandon des combats aléatoires au profit de monstres visibles sur la carte est une bénédiction pour l’exploration. De plus, une pléthore d’options de personnalisation (réglage des dégâts, de l’expérience reçue, soin automatique après combat) permet de moduler l’expérience selon ses envies. On peut ainsi conserver le défi corsé de l’original ou s’offrir une aventure plus fluide, un compromis idéal qui respecte autant les vétérans que les néophytes.

Dragon Quest VII a toujours été un jeu à part, capable de nous faire attendre plusieurs heures avant le premier affrontement. Ce remake semble conserver cette structure narrative si particulière, faite d’îles à sauver et de puzzles temporels, mais en y injectant une fluidité bienvenue. L’ajout d’indicateurs de vulnérabilités élémentaires (hérités des remakes de 2024 et 2025) et une interface plus propre facilitent l’immersion dans cette quête de plus de 80 heures (tout de même !). Reste à savoir si les remaniements et les coupes annoncés par Square Enix pour dynamiser l’intrigue ne dénatureront pas l’essence même de cette aventure fleuve.
Dragon Quest VII : Reimagined ne se contente pas de polir les graphismes d’un vieux classique ; il le reconstruit avec une identité visuelle forte et une flexibilité de gameplay exemplaire. Si l’on peut regretter une certaine austérité chromatique par rapport à la HD-2D, la profondeur du système de classes et les options de confort modernes en font une proposition extrêmement solide. Ce remake a toutes les cartes en main pour transformer cet épisode autrefois « difficile » en un incontournable de l’année 2026.
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